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Historique / Les années 40

Les années 40 marquent les débuts officiels de Captain Future avec la parution, pendant la Seconde Guerre Mondiale, des 20 romans dans des magazines pulp.

La première aventure du Capitaine Flam sous le nom original de Captain Future fut publiée en 1940 dans un magazine pulp. Aux Etats-Unis, ce terme désignait une petite revue de nouvelles illustrées, très populaire auprès des adolescents, qui comportait à chaque numéro un roman complet. Captain Future eut dès le départ un magazine à son nom qui paraissait tous les trimestres en kiosque au prix bon marché de 15 cents.

Le journal
The New Yorker du 20 janvier 1940 salua d'ailleurs promptement l'arrivée de ce nouveau magazine par un article satirique du critique littéraire S.J. Perelman intitulé : "Captain Future, block that kick !". Le journaliste était alors bien loin d'imaginer la carrière que ferait ce personnage par la suite...

Le projet initial revient à un certain Mort Weisinger, rédacteur en chef aux éditions
Better Publications (renommées ensuite Standard Magazines), propriétés du célèbre éditeur Ned Pines et publiant notamment les pulps "Startling Stories" et "Thrilling Wonder Stories". Il inventa ce héros avec l'idée que Edmond Moore Hamilton (1904-1977), un écrivain récemment sollicité par la maison d'édition new-yorkaise, en écrivit les aventures. Ce dernier, passionné de science et d'astronomie, fut l'un des pionniers en matière d'histoires interstellaires, de "Space Opera" (un genre dont il se disputa d'ailleurs la paternité avec E.E. "Doc" Smith), de colonisation de l'espace et de voyages en véhicule et scaphandre spatiaux. Voir les deux très bons sites web qui lui sont consacrés à la rubrique Fan Club/Liens.

La légende voudrait que le projet naquit lors de la Première Convention Mondiale de la Science Fiction le 2 juillet 1939 à New York. En réalité la série avait été planifiée depuis quelques mois déjà mais l'occasion était trop belle pour Leo Margulies, le directeur éditorial de
Better Publications d'annoncer au cours de cet événement la parution imminente de ce nouveau titre.


Mort Weisinger
25/04/1915 - 07/05/1978

 Ned Pines
10/12/1905 - 14/05/1990

Edmond Hamilton
21/10/1904 - 01/02/1977

Leo Margulies
 22/06/1900 - 26/12/1975

Leo Margulies annonça ensuite l'arrivée du pulp "Captain Future" en écrivant aux fanzines de SF tels que Le Zombie, qui imprima par ailleurs le courrier adressé à Bob Tucker, son éditeur. Une pièce d'archive qui marque les débuts officiels de la saga du Capitaine Flam, imprimée le 28 octobre 1939 dans Le Zombie n°16. L'hebdomadaire Fantasy-News publia également le 19 octobre 1939 un article sur la prochaine sortie de ce nouveau magazine : "Someting new in STF : CAPTAIN FUTURE !"

Le synopsis de Mort Weisinger à l'origine de notre illustre justicier galactique date de juin 1939. Il présente la genèse du héros de l'espace nommé alors Mr Future Wizard of Science, tout d'abord à travers l'histoire de ses parents, Roger et Elaine Newton, puis le texte introduit ses acolytes, les trois "Futuremen". Toutefois, il ne fut pas conservé. En effet, Edmond Hamilton en désaccord avec le récit de Mort Weisinger dut se déplacer à New York et s'employa pendant des jours à le convaincre de lui laisser réinventer les personnages (ainsi, selon Weisinger, Future devait être un "super-héros" ayant acquis ses abilités surhumaines à la suite d'une explosion radioctive lors de l'assasinat de ses parents alors qu'il n'était qu'un bébé). Ultime concession, voulue cette fois par Leo Margulies, le nom de Mr Future fut changé en Captain Future. Le manuscrit complet de Mort Weisinger est à découvrir en ligne sur le site Pulpgen/Captain Future.

De 1940 à 1944, ce sont au total 17 numéros du magazine "Captain Future" comprenant à chaque fois un roman complet du héros interplanétaire qui vont être publiés. A partir de l'automne 1941 Oscar J. Friend remplace Mort Weisinger (parti chez DC Comics) comme rédacteur en chef.

En 1942, Edmond Hamilton est mobilisé. L'éditeur prend alors la décision de faire appel à un autre écrivain : Joseph Samachson et décrète que désormais tous les auteurs des romans de Captain Future prendront le pseudonyme de Brett Sterling (pour ne pas créer de "rupture" auprès du lectorat). Finalement exempté, Hamilton ne retrouvera cependant la possibilté de signer sous son vrai patronyme qu'en 1946. De son côté, Joseph Samachson signera (sous le pseudonyme de Brett Sterling)
Worlds to Come et Days of Creation qui seront publiés respectivement aux printemps 1943 et 1944.

Au printemps 1944, le magazine Captain Future est contraint de stopper : le zèle de l'armée américaine sur le contrôle des publications la conduit à saisir les manuscrits de Hamilton le soupçonnant de transmettre des informations top-secret. Les exploits du héros intersidéral se poursuiveront finalement l'année suivante dans un autre magazine : Startling Stories.


n°2
Printemps 1940

Calling CF

(La planète noire)

n°7
Eté 1941

The Magician of Mars

(L'univers parallèle)

n°8
Automne 1941

The Lost World of Time
(Départ pour le passé)

n°12
Automne 1942

Planets in Peril

  (Les semeurs de givre)

n°17
Printemps 1944

Days of Creation
écrit par J. Samachson


Annonce du prochain épisode :
The Face of the Deep

(encart extrait de Planets in Peril - Automne 1942)

Annonce du prochain épisode :
Worlds to Come

(encart extrait de The Face of the Deep - Hiver 1943)

En supplément des fictions, on trouvait dans ces magazines 3 rubriques principales : The Worlds of Tomorrow : une description de la planète où se déroulait l'aventure, avec sa carte détaillée, The Futuremen : un portrait complet d'un personnage de la série ou une mini-histoire sur la vie de Captain Future (ces deux rubriques sont à découvrir au chapitre Ouvrages/USA/Magazines) et Under Observation : le courrier des lecteurs auquel répondait non sans humour le vieux "Sergent Saturne". Pour l'anecdote, Edmond Hamilton lui-même écrivit un jour dans cette rubrique un article qu'il intitula "A chat with Future"; le compte-rendu d'un entretien avec son héros ou quand la fiction rejoint la réalité !

Parallèlement, en Suède, la revue de science-fiction Jules Verne Magasinet / Veckans Äventyr traduit et publie 12 aventures du Captain Future sous forme de feuilletons hebdomadaires, Captain Future est appelé Kapten Frank et Curtis Newton est rebaptisé Kurt Nelson.


1941
The Triumph of CF
(La source de l'immortalité)

 1942 
 Outlaws of the Moon

1943
The Lost World of Time
(Départ pour le passé)

1944
The Comet Kings
 (La comète de Halley)

Captain Future apparaît aussi en bandes dessinées dès le mois d'avril 1940 dans différentes revues de Better Publications (que les collectionneurs regroupent aujourd'hui sous l'appellation de "Nedor Comics", du nom du propriétaire Ned Pines). Une adaptation relativement fidèle de Captain Future and the Space Emperor intitulée "The Beast Plague from Jupiter" est tout d'abord transcrite dans le premier numéro de Exciting Comics, Captain Future est toutefois rebaptisé Major Mars. Puis il revient, cette fois-ci avec son véritable nom, dans les magazines Startling Comics et America's Best Comics. Mais, la maison d'édition l'a transformé entre-temps (circonstances obligent) en un super-héros patriotique reconverti à la lutte contre les nazis. Un super-héros à l'apparence plutôt classique, qui n'arrivera guère à détrôner les "stars" de l'époque que sont Batman et Superman, au service desquels Hamilton mettra d'ailleurs ses talents de scénariste, pour le compte des éditions DC Comics, dirigées par Mort Weisinger (ex-rédacteur en chef du magazine "Captain Future" de l'hiver 1940 à l'été 1941).


Avil 1940
The Beast Plague from Jupiter
(L'Empereur de l'Espace)

Juin 1940
The origin of Captain Future

Février 1942
The Construction Company Graft Racket

Captain Future poursuit ses aventures dans un autre pulp : Startling Stories, où il fait trois apparitions sporadiques en 1945 et 1946. Notre héros n'a certes plus son propre magazine, mais fait encore les couvertures, preuve que sa popularité est restée intacte. Edmond Hamilton écrit deux romans : Red Sun of Danger et Outlaw World alors que Manly Wade Wellman rédige The Solar Invasion. L'éditeur abandonne ensuite le héros intergalactique jusqu'en 1950.

A noter que Outlaw World et The Solar Invasion seront également publiés dans l'édition canadienne de Startling Stories (1946, Ed. Publications Enterprises) tandis que Outlaw World apparaîtra dans l'édition britannique (juin 1949, Ed. Pemberton's).


Printemps 1945
 Red Sun of Danger

Hiver 1946
Outlaw World

Automne1946
 The Solar Invasion

En 1947, en Argentine, on découvre dans la publication mensuelle Hombres del Futuro n°1 (éditions El Tabano - Août 1947) un roman traduit pour la première fois en espagnol : Star Trail to Glory ("Hacia la Gloria por la Ruta de los Astros"). Un autre roman du Capitan Futuro, Quest Beyond the Stars ("Mas Alla de las Estrellas") avait été annoncé pour le numéro 4 (Novembre 1947), malheureusement celui-ci ne fut jamais édité car la revue s'arrêta à son troisième numéro.

En mars 1948, le fanzine britannique Necromancer n°2 édité par Bob Frazier comporte un article titré "Captain Future - a great magazine" écrit par Rex Ward.

Si l'on sait que Captain Future fut l'ancêtre américain de notre Capitaine Flam, on ignorait que Captain Future avait eu un précurseur en Allemagne du nom de Captain Mors dont les aventures furent publiées de 1911 jusqu'au début de la première guerre mondiale par Verlag Moderner Lekture (la série disparut en 1914 pour cause de pénurie de papier). C'est ce que nous livre Willy Ley dans le fanzine britannique Science-Fantasy Review n°16 daté d'automne 1949 (un article intitulé "Captain Future of Germany"). Malgré les étonnantes similitudes, il y a peu à parier que ce personnage fut réellement l'inspirateur de Captain Future mais plutôt une sorte d'homologue spatial du Capitaine Nemo de Jules Verne.